Portrait d’acteur : la ville des Ulis

Les porte-voix de ceux qui n’en ont pas…

Hawa Traoré est mauritanienne. Cette réfugiée politique de 49 ans, suit une formation d’aide-soignante et réside aux Ulis depuis 2006 avec ses enfants et son mari. Lamine Sidibé est originaire de Côte d’Ivoire. Célibataire, il a 32 ans, travaille dans le bâtiment et habite aux Ulis depuis 3 ans. Originaires, comme 18% de la population de la ville, d’un pays non membre de l’Union européenne, ils n’ont pas le droit de voter.

Pourtant depuis le 10 avril dernier, ils sont les représentants de ces « sans voix » au sein d’une instance originale créée par la ville : le Conseil des résidents étrangers.

Composé de 28 membres à parité hommes-femmes tirés au sort parmi les personnes candidates, il offre à tous ceux qui ne peuvent s’exprimer légalement par les urnes un espace démocratique de rencontres, d’échanges et de débats sur la vie de la commune. « Citoyens à part entière, notre but est de mieux nous faire comprendre pour mieux vivre ensemble. » Santé, éducation, travail, formation, logement…, tout est sujet à débat lors des réunions de 4 groupes de travail et des assemblées où participent élus et agents du personnel communal ; autant de réflexions et propositions utiles qui nourriront ensuite les élus dans leurs décisions. « Nous souhaitons multiplier les échanges avec les Conseils des jeunes, des aînés, des crèches et des quartiers », affirment Hawa et Lamine.

Relais et porte-parole des étrangers des Ulis, cet espace nouveau est aussi pour eux le signe que le combat contre l’ignorance, les discriminations et pour une vraie égalité avance. Un exemple à suivre en attendant le droit de vote espéré.