À MOINO 91, « on ne jette plus le pain dur »

Moino 91, qu’est-ce-que c’est ?

Cette association répond à deux enjeux, comme nous explique Madame LEMOINE : elle lutte contre le gaspillage alimentaire et aide à la réinsertion professionnelle par l’activité économique.
En effet, cette structure récolte du pain rassis auprès de différents partenaires (boulangers, grandes distribution, établissements scolaires...) et le transforme en une mouture de pain destiné à nourrir le bétail (bovins et porcins). Trié, déshydraté, broyé et analysé dans le respect des règles sanitaires et bactériologiques, ce pain est ensuite vendu aux éleveurs locaux. En plus d’y trouver des avantages économiques (140 euros la tonne contre 300 euros dans le commerce), ces éleveurs ont vu une nette amélioration de la santé de leur cheptel et de la qualité du lait par exemple. La conservation de ce pain et sa traçabilité sont essentiels conformément au process de qualité de la production finale. Il est donc important lors du tri du pain de ne pas conserver celui « souillé » par les sauces.
Au cours de cet entretien, Madame LEMOINE nous indique qu’une évolution de son association est prévue d’ici début de l’année 2018 : Moino 91 est passé de 11 kg par mois à environ 12 tonnes aujourd’hui. Même si le développement d’un réseau de partenaires n’était pas aisé au démarrage, il est devenu évident que Moino 91 à de l’avenir.
A propos d’avenir, Moino 91 offre de réelles perspectives professionnelles à ses employés. Souvent très éloignées de l’emploi, les personnes qui y sont accueillies, pour une durée entre 4 à 24 mois, bénéficient d’une expérience professionnelle probante. Cet accompagnement personnalisé favorise une indépendance financière et une vie sociale meilleure. Madame LEMOINE nous indique accompagner actuellement treize personnes en insertion.

Quelles perspectives d’avenir pour Moino 91 ?

Compte tenu du développement de l’association depuis sa création en 2014, Nathalie LEMOINE et son équipe travaille sur un changement de statut et des projets de partenariats. En effet, pour répondre à la demande actuelle, le chantier d’insertion nécessite un passage du statut d’association à entreprise d’insertion. Nathalie LEMOINE a évoqué la possibilité d’intégrer une filiale du Groupe SOS permettant ainsi son développement par l’acquisition de nouveaux systèmes de séchage du pain par exemple, et ainsi conforter économiquement la structure, dans la durée.
Enfin, Moino 91 qui a déjà au préalable testé des partenariats avec les collèges, dans le cadre du tri et de la récolte du pain, souhaite trouver des solutions plus adaptées à ses contraintes financières et aux lieux centraux de stockage du pain, pour favoriser plus aisément son enlèvement à l’échelle du territoire essonnien. Malgré certaines difficultés qui restent à lever, des interventions de sensibilisation sont proposées et seront prochainement intégrées à la plateforme d’offre découverte éducative (ODE 91).

Ce qui est sûr, c’est que cette association solidaire a un bel avenir devant elle !