La climatologue du GIEC, Valérie Masson-Delmotte à l’assemblée départementale

Ce matin 30 janvier, Valérie Masson-Delmotte, Directeur de recherches au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement et co-présidente du groupe de travail n°1 du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat, faisait le point sur les connaissances en matière de sciences du climat, pour éclairer les élus sur leur capacité à agir.

En effet, le climat doit être considéré comme une machine climatique qui réagit à des perturbations d’origines naturelles d’une part et liées aux activités humaines d’autre part. Ce système se trouve aujourd’hui modifié en raison du déséquilibre du bilan d’énergie de la Terre induit par des gaz (dioxyde de carbone, méthane, oxyde d’azote,...) renforçant au sein de l’atmosphère l’effet de serre naturel produits par les activités humaines (via notamment la combustion d’énergies fossiles, la production de ciment, la déforestation,...).

Même si les émissions de dioxyde de carbone stagnent en Europe (depuis 1990) et en Chine (depuis 2012), même si elles baissent aux Etats-Unis depuis 2005, elles continuent à augmenter dans des pays comme l’Inde. La teneur en gaz à effet de serre de l’atmosphère continue globalement d’augmenter (+40% par rapport au niveau pré industriel pour le dioxyde de carbone, +130% pour le méthane) , avec pour conséquence la hausse des températures à la surface de la Terre (variable selon la zone géographique) et en particulier le réchauffement de la zone arctique qui fait fondre la banquise et entraîne une hausse du niveau des mers. L’influence humaine sur ce réchauffement global est avérée.

Le GIEC travaille sur différents scénarios d’avenir :
 une transition majeure et coordonnée à l’échelle mondiale qui permettra de stabiliser le climat à +2°C en 2050
 une stagnation des émissions annuelles de gaz à effet de serre, ainsi que le laisser-faire, qui accentueront le réchauffement moyen au-delà des +2°C.
Les conséquences en termes d’événements extrêmes, de pertes des écosystèmes, de sécurité alimentaire, de santé et de ressources en eau seront alors fonctions de l’amplitude du changement climatique moyen.

En Ile-de-France, ces impacts se traduiront en particulier, par des vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses, par une hausse de l’intensité des événements de fortes pluies, des épisodes de sécheresse plus fréquents (avec des phénomènes de retrait/gonflement des argiles).

L’accord de Paris a fixé un cap intergouvernemental avec un ralentissement du réchauffement. Il s’agit aujourd’hui de mettre en œuvre dès aujourd’hui la transition majeure qu’il suppose car le scénario le moins coûteux implique d’agir maintenant pour limiter les événements extrêmes dans les années à venir.

Retrouvez ci-dessous le support de présentation

Sources utilisées :
* www.ipcc.ch pour les rapports du GIEC
* programme mondial d’étude du climat : http://wcrp-climate.org/
* programme mondial de suivi du cycle du carbone : http://www.globalcarbonproject.org/
* agence américaine océan atmosphère pour la composition atmosphérique :
https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends_ch4/ (suivi du méthane)
https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/ (suivi du dioxyde de carbone)
* organisation météorologique mondiale pour l’évolution de la température :
https://public.wmo.int/en/media/press-release/wmo-confirms-2016-hottest-year-record-about-11%C2%B0c-above-pre-industrial-era
* étude de la NASA sur les vagues de chaleur :
https://www.nasa.gov/topics/earth/features/warming-links.html
* base de données de Météo France pour l’évolution du climat observé et projeté en France :
www.meteo.fr
* portail DRIAS sur les futurs du climat : http://www.drias-climat.fr
* article scientifique sur les implications de l’accord de Paris :
http://www.nature.com/nature/journal/v534/n7609/abs/nature18307.html