À partir du 10 mai, l’Union européenne entre en déficit écologique

A partir du 10 mai 2019, les Européens vivront à crédit : c’est le Jour du dépassement européen. Cela signifie que si le monde entier vivait comme les Européens, nous aurions consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an. Cette date, dévoilée par le WWF en partenariat avec le Global Footprint Network, intervient à 17 jours des élections européennes et alors que les chefs d’Etats de l’Union européenne se réunissent aujourd’hui à Sibiu en Roumanie pour le Sommet sur l’avenir de l’Union européenne.

Le Jour du dépassement, c’est le jour à partir duquel nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et cultivé plus de terres que ce que la nature ne peut nous procurer au cours d’une année. Cela marque également le moment où nos émissions de gaz à effet de serre auront été plus importantes que ce que nos océans et nos forêts ne peuvent absorber. C’est demain que l’Union européenne franchira cette limite, alors que l’année n’est entamée que de cinq mois.

Si toute l’humanité consommait autant de ressources que les Européens, elle utiliserait l’équivalent de 2,8 planètes Terre pour subvenir à ses besoins. Un résultat bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 1,7 Terre. En effet, alors que la population de l’Union européenne ne représente que 7% de la population mondiale, les Européens utilisent à eux seuls 20% de la biocapacité de la Terre.

Le Jour du dépassement européen a dramatiquement avancé dans l’année ces dernières décennies, passant du 13 octobre en 1961 au 10 mai cette année. Au sein de l’Union européenne, il existe des différences notables : le Luxembourg atteint son jour du dépassement après seulement 46 jours, tandis que la Roumanie a consommé toutes les ressources pour l’année entière au bout de 192 jours – plus tôt que la moyenne mondiale cependant, qui était le 1er août en 2018.

Le 10 mai, l’Europe sera donc en déficit écologique. Un déficit que nous continuons de creuser d’année en année, en empruntant des ressources naturelles à la Terre, aux autres pays et aux générations futures. C’est un constat sans appel : si la Planète était une entreprise, elle serait au bord de la faillite. L’érosion du capital naturel et ses conséquences directes ou indirectes (chute des stocks de poissons, érosion des sols, pollutions, extinctions d’espèces et dérèglement climatique) ont un coût important, à la fois pour l’économie et notre santé : les événements climatiques extrêmes ont coûté 450 milliards d’euros à l’Europe depuis 1980 et la pollution de l’air cause 430 000 morts prématurées en Europe chaque année. Agir pour le climat et l’environnement, c’est aussi œuvrer pour le bien-être et la qualité de vie des citoyens européens.

Pour approfondir le sujet :
Jour du dépassement, Rapport Planète Vivante, Rapport Planète Vivante 2018 - WWF